Notre Dame de la Genouillade

 

(d’après Le Guide des Eglises d’Agde de Michel ADGÉ)

 

Le site de Notre Dame de la Genouillade situé sur le quartier du Grau d’Agde comprend :

 

- la chapelle de la Genouillade

 

- l’église Notre Dame

 

- les quelques « capélettes » encore debout aujourd’hui.

 

 

 

L’histoire de ce lieu de culte est liée à celle de Saint Sever (cf église Saint Sever) et surtout au miracle de la Genouillade.

 

Saint Sever débarqué au Grau d’Agde en 456 s’y serait retiré et, après le départ du saint pour Agde, le site aurait été occupé par quelques pieux ermites. Une inscription de dédicace mentionne « la fondation par Raïno, vierge consacrée à Dieu, d’une église et d’un autel consacrés à la Vierge Marie et d’oratoires sous le titre de Pierre apôtre. »

 

Mais la grande renommée du sanctuaire est liée au miracle de la Genouillade.

 

Au cours d’une terrible inondation, difficilement datable, (haut moyen-âge ?) les flots en furie menaçaient d’engloutir église et oratoire ! Un moine, agenouillé, était en prières quand la Vierge lui apparut, agenouillée elle aussi sur la pointe d’un rocher que les flots épargnaient encore, joignant ses prières à celles du moine. Aussitôt la tempête s’apaisa et les flots refluèrent. La pierre sur laquelle s’était agenouillée la Vierge resta marquée de l’empreinte de son genou (genolhada en occitan). Cette empreinte fut longtemps signalée à la piété des fidèles par une colonne jusqu’à la construction de la chapelle.

 

 

 

 

 

                                  

 

Rocher artificiel sur lequel trône la  Vierge Marie agenouillée

 

(Construit au début des années 1920 sur le parvis de l’église)

 

 

 

 

 

La chapelle de la Genouillade (XVIIème siècle)

 

 

 

Petit édifice en forme de croix dont le toit porte une petite tour creuse hexagonale faisant penser à une lanterne des morts, insolite en cet endroit. Certains y voient une lanterne qui aurait pu servir à guider les pèlerins, la nuit !

 

 

 

                  

 

 

 

   Au sol, à l’intersection des deux axes de l’édifice, une grille protège l’empreinte laissée par le genou de la Vierge Marie. Avant la construction de la chapelle, la tradition rapporte que l’eau qui avait séjourné dans cette cavité guérissait des fièvres et des maladies des yeux !

 

 

 

                                 

 

                                

 

 

 

 

 

Vitrail de l’occulus – La vierge en prières

 Vitrail de l’occulus – La vierge en prières
Vitrail de l’occulus – La vierge en prières

 

L’Eglise notre Dame (1583)

 

 

 

Après l’église du VIème siècle dont aucune trace apparente ne subsiste à l’exception de l’acte de dédicace (musée Jules Boudou), il faut attendre l’acte de 990 restituant l’église aux Bénédictins de Saint Thibéry.

 

L’église N.D. semble avoir connu une période de décadence à partir du XIVème siècle, période qui cessera avec la venue d’Henri de Montmorency. Ce gouverneur eut une grande dévotion à N.D et il fit reconstruire une nouvelle église et un couvent dans lequel il établit les Capucins. Henri de Montmorency fut enterré en avril 1614 dans cette église.

 

Pendant un siècle et demi, Notre Dame de la Genouillade demeura un lieu de pèlerinage fort fréquenté par les populations de tous les villages des environs ; la chronique locale parle de cette période florissante de la vie de l’abbaye et relate le pèlerinage de 1612 qui en quelques semaines de festivités rassembla plus de 50.000 fidèles dont 3.000 venus de Montpellier.

 

La révolution mit un terme à cette période faste et l’année 1793 lui fut funeste. L’église et le couvent furent saccagés et subirent des dégâts considérables, la tombe des Montmorency fut profanée et le retable en pierre dont nous n’avons aucune trace et qui passait pour être un véritable chef d’œuvre fut démoli !

 

Vendue comme bien public, l’église fut transformée en atelier de salage des porcs !

 

Durant un demi-siècle, l’église et ses autels furent lentement relevés, mais en 1865 les héritiers mirent l’église en vente aux enchères publiques et ce n’est qu’en 1873 que, grâce à une souscription publique, le sanctuaire devint propriété de la Ville d’Agde et redevint lentement le lieu de dévotion et de pèlerinage qu’il est encore aujourd’hui.

 

 

 

La nef unique est voûtée d’ogives et est entourée de six chapelles latérales logées entre les contreforts. Elle est fermée au niveau de l’arc triomphal par un mur auquel est adossé un retable à six colonnes en marbre de Caunes Minervois érigé en 1830. Au centre, la statue de la Vierge à l’Enfant dont deux anges tiennent la couronne ; au dessus, Dieu le Père trône dans une gloire.

 

Pendant des siècles les pèlerins vinrent en foule pour demander des guérisons, pour recommander un marin ou un soldat à N.D. et les remerciements à la Vierge ont de tous temps été matérialisés par des « ex-voto » qui recouvraient les murs des chapelles. Une bonne partie en a été jetée en 1960, beaucoup ont été volés et certains nous reviennent à l’occasion d’une vente aux enchères ! Une vingtaine d’entre eux ont été mis à l’abri au musée Jules Boudou où ils sont exposés !

 

 

Les « capélettes » (1618 – 1640)

 

 

 

L’importance des pèlerinages à N.D de la Genouillade amena les fidèles à faire construire, tout au long du parcours qui menait d’Agde au Grau, quinze petites chapelles (capeletas en occitan), chacune dédiée à l’un des quinze mystères du Rosaire (joyeux, douloureux et glorieux) que les pèlerins récitaient sur les trois kilomètres du trajet.

 

La plupart furent construites par des particuliers sur leur propriété, en bordure du chemin de pèlerinage. La première en 1618 par Antoine Courtinis pour « la dévotion qu’il avait en la benoite Vierge Marie et en réparation d’une croix qui avait été abattue par des hérétiques ! »

 

Il n’en subsiste que deux, assez bien conservées :

 

- l’une, la dixième station, dédiée au cinquième mystère douloureux, le crucifiement, se trouve en bordure de l’Hérault, sous le pont de la voie rapide, au lieu appelé le Saint-Christ en souvenir du sauvetage du Saint-Christ en 1793.

 

- l’autre se trouve dans une propriété privée, à la fin du parcours, dédiée au cinquième mystère joyeux, le couronnement de la Vierge.